Sa Biographie
Du berceau à la première place mondiale!
Par Patrick Haumont
Les mystères de la naissance ont voulu que Justine naisse en plein Roland Garros. Le 1er juin 1982 se déroulaient d'ailleurs les quarts de finale féminin de cette édition remportée par Martina Navratilova.
Evidemment, ce n'est pas le fait d'avoir vu le jour à cette période qui a permis à Justine d'accéder au top niveau. C'est plutôt d'avoir été élevée dans un milieu sportif qui lui a très vite donné l'amour du sport. Un autre hasard a également donné un coup de pouce à cette passion dévorante puisque, dès ses deux ans, Justine emménage à Rochefort à quelques centaines de mètres seulement du Tennis Club local où elle effectue ses premiers échanges. Dès ses cinq ans, elle passe les deux mois de grandes vacances sur un terrain de tennis, ne revenant à sa maison que pour manger, et encore. Progressant à pas de géant, elle quitte le TC Rochefort pour le Tennis Club de Ciney alors qu'elle n'a que six ans. C'est là qu'elle découvre le monde des entraînements et de la compétition. Après être passée entre les mains de plusieurs professeurs, elle échoue à la fédération où Jean-Pierre Collot et Luc Bodart lui façonnent son tennis.
Montant les échelons à grande vitesse, Justine quitte pour un temps la filière fédérale pour rejoindre un programme privé. Elle s'entraîne alors au TC Géronsart en compagnie de Gabriel Gonzalez. Brillante élève, très bonne joueuse de foot et espoir tennistique, Justine opte définitivement pour le tennis à 12 ans et stoppe donc le football.
Après Gonzalez, Justine travaille pendant deux ans avec Michel Mouillard avant de faire son grand retour fédéral. C'est en effet vers quatorze ans – soit un peu plus d'un an après avoir perdu sa maman, décédée en 1995 – qu'elle rencontre Carlos Rodriguez qui donnera la tournure que l'on sait à sa carrière professionnelle.
S'entraînant principalement à Mons, Justine poursuit ses humanités à l'Athénée montois. Les choses se précipitent alors puisque, en 1997, elle remporte l'Orange Bowl, championnat du monde juniors et, surtout, le tournoi juniors de Roland Garros. Quelques mois plus tard, elle se rend à l'évidence et met fin à ses études pour devenir professionnelle temps plein en 1999, année où elle dispute sa première Fed Cup avec l'équipe nationale belge. Pour sa grande entrée sur le circuit, elle réussit une performance de choix puisqu'elle s'impose au tournoi d'Anvers, prenant la mesure de Sarah Pitkowski en finale. C'est aussi cette année-là qu'elle rencontre Pierre-Yves Hardenne qui deviendra son mari trois ans plus tard, en novembre 2002.
Après une année 2000 un rien plus compliquée en raison de blessures, problèmes ou maladies maintenant oubliés, les résultats ne cessent de s'enchaîner. 2001 commence sur les chapeaux de roue avec deux victoires successives à Gold Coast et Canberra. Mais c'est à Roland Garros et Wimbledon que Justine se signale au grand public, atteignant la demi-finale à Paris et la finale à Wimbledon.
Ces performances de très haut niveau la feront monter dans le Top 10 alors que sa constance 2002 lui permettra d'atteindre la quatrième position mondiale...
C'est donc en tant que quatrième mondiale que Justine épousera Pierre-Yves le 16 novembre de cette même année 2002. A ce moment, ni Justine, ni son mari ne se doutent que ce mariage allait avoir un impact si important sur la carrière tennistique de la jeune mariée.
Et pourtant, 2003 débutera sur les chapeaux de roue avec un succès à Dubaï, suivi d'une demi-finale à l'Australian Open. Mais le meilleur reste à venir, avec une victoire mémorable face à Serena Williams en finale de Charleston et un duel victorieux face à Kim Clijsters en finale de Berlin.
Et ce n'est évidemment pas tout puisque, forte de ses trois titres 2003, Justine abordera Roland Garros avec une confiance énorme. A tel point que, le 7 juin 2003, Justine Henin-Hardenne offrira à la Belgique son premier titre dans un tournoi du Grand Chelem. Après avoir battu Serena Williams en demi-finale, elle prendra la mesure de... Kim Clijsters en finale.
Une finale historique, suivie par plus d'un million de téléspectateurs belges et des milliers de spectateurs dont la quasi totalité de la famille royale.
Montée troisième joueuse mondiale grâce à ce triomphe parisien, Justine a dédié la Coupe Suzanne Lenglen à sa maman à laquelle elle avait promis, en 1992, de jouer un jour sur le Central des Internationaux de France.
Cette victoire historique n'allait pas pour autant faire baisser la motivation de Justine. A Rosmalen, pour son premier tournoi sur gazon, elle ne s'inclinera qu'en finale (sur abandon) face à ... Kim. Et, à Wimbledon, elle ira jusqu'en demi-finale où Serena Williams prendra sa revanche sur Roland Garros.
Après le gazon et la rencontre de Fed Cup commence alors la formidable tournée américaine qui vaudra pas moins de trois nouveaux titres (sur trois tournois disputés) à notre championne. Le premier à San Diego (victoire finale face à ... Clijsters ; le deuxième à Toronto (victoire en finale devant Lina Krasnoroutskaya) ; le troisième à ... l'US Open.
C'est lors de la demi-finale de ce dernier que Justine s'est révélée aux spectateurs new-yorkais. Au terme d'un match de plus de trois heures, de retournements de situations inouïs et de coups sortis on ne sait trop d'où, Justine a vaincu les crampes pour se défaire, après avoir été deux fois à deux points de la défaite, de la choucou locale Jennifer Capriati. Ereintée, elle dut alors être mise sous perfusion. Malgré la fatigue physique, la nouvelle habitante de Wépion parvint en finale à faire douter... Kim Clijsters en repoussant cette dernière derrière sa ligne de fond et en cassant le rythme en distillant de nombreux slices sur lesquels Kim ne pouvait pas s'appuyer. La numéro 1 mondiale bénéficia malgré tout de deux balles de premier set pour finalement s'incliner 7-5 6-1.
Justine Henin entrait alors une nouvelle fois dans l'histoire du tennis belge, remportant son deuxième tournoi du Grand Chelem et montant à la deuxième place mondiale, juste derrière sa compatriote.
Mais il était écrit que l'année 2003 serait celle de Justine. Victorieuse de deux Grands Chelems et de cinq autres tournois, il était logique que la championne atteigne avant la fin de l'année la première position mondiale. Et, de fait, c'est au lendemain de sa victoire face à Jelena Dokic à Zurich que Justine monta pour la première fois au sommet de la hiérarchie mondiale. La boucle était alors bouclée, la petite fille née pendant Roland Garros a réalisé son rêve.
Mais qu'on ne se méprenne pas : sa motivation est énorme et elle nous réserve encore de nombreuses surprises.
Par Patrick Haumont, Co-auteur du livre «Le bonheur au bout du court» paru aux éditions Luc Pire
Du berceau à la première place mondiale!
Par Patrick Haumont
Les mystères de la naissance ont voulu que Justine naisse en plein Roland Garros. Le 1er juin 1982 se déroulaient d'ailleurs les quarts de finale féminin de cette édition remportée par Martina Navratilova.
Evidemment, ce n'est pas le fait d'avoir vu le jour à cette période qui a permis à Justine d'accéder au top niveau. C'est plutôt d'avoir été élevée dans un milieu sportif qui lui a très vite donné l'amour du sport. Un autre hasard a également donné un coup de pouce à cette passion dévorante puisque, dès ses deux ans, Justine emménage à Rochefort à quelques centaines de mètres seulement du Tennis Club local où elle effectue ses premiers échanges. Dès ses cinq ans, elle passe les deux mois de grandes vacances sur un terrain de tennis, ne revenant à sa maison que pour manger, et encore. Progressant à pas de géant, elle quitte le TC Rochefort pour le Tennis Club de Ciney alors qu'elle n'a que six ans. C'est là qu'elle découvre le monde des entraînements et de la compétition. Après être passée entre les mains de plusieurs professeurs, elle échoue à la fédération où Jean-Pierre Collot et Luc Bodart lui façonnent son tennis.
Montant les échelons à grande vitesse, Justine quitte pour un temps la filière fédérale pour rejoindre un programme privé. Elle s'entraîne alors au TC Géronsart en compagnie de Gabriel Gonzalez. Brillante élève, très bonne joueuse de foot et espoir tennistique, Justine opte définitivement pour le tennis à 12 ans et stoppe donc le football.
Après Gonzalez, Justine travaille pendant deux ans avec Michel Mouillard avant de faire son grand retour fédéral. C'est en effet vers quatorze ans – soit un peu plus d'un an après avoir perdu sa maman, décédée en 1995 – qu'elle rencontre Carlos Rodriguez qui donnera la tournure que l'on sait à sa carrière professionnelle.
S'entraînant principalement à Mons, Justine poursuit ses humanités à l'Athénée montois. Les choses se précipitent alors puisque, en 1997, elle remporte l'Orange Bowl, championnat du monde juniors et, surtout, le tournoi juniors de Roland Garros. Quelques mois plus tard, elle se rend à l'évidence et met fin à ses études pour devenir professionnelle temps plein en 1999, année où elle dispute sa première Fed Cup avec l'équipe nationale belge. Pour sa grande entrée sur le circuit, elle réussit une performance de choix puisqu'elle s'impose au tournoi d'Anvers, prenant la mesure de Sarah Pitkowski en finale. C'est aussi cette année-là qu'elle rencontre Pierre-Yves Hardenne qui deviendra son mari trois ans plus tard, en novembre 2002.
Après une année 2000 un rien plus compliquée en raison de blessures, problèmes ou maladies maintenant oubliés, les résultats ne cessent de s'enchaîner. 2001 commence sur les chapeaux de roue avec deux victoires successives à Gold Coast et Canberra. Mais c'est à Roland Garros et Wimbledon que Justine se signale au grand public, atteignant la demi-finale à Paris et la finale à Wimbledon.
Ces performances de très haut niveau la feront monter dans le Top 10 alors que sa constance 2002 lui permettra d'atteindre la quatrième position mondiale...
C'est donc en tant que quatrième mondiale que Justine épousera Pierre-Yves le 16 novembre de cette même année 2002. A ce moment, ni Justine, ni son mari ne se doutent que ce mariage allait avoir un impact si important sur la carrière tennistique de la jeune mariée.
Et pourtant, 2003 débutera sur les chapeaux de roue avec un succès à Dubaï, suivi d'une demi-finale à l'Australian Open. Mais le meilleur reste à venir, avec une victoire mémorable face à Serena Williams en finale de Charleston et un duel victorieux face à Kim Clijsters en finale de Berlin.
Et ce n'est évidemment pas tout puisque, forte de ses trois titres 2003, Justine abordera Roland Garros avec une confiance énorme. A tel point que, le 7 juin 2003, Justine Henin-Hardenne offrira à la Belgique son premier titre dans un tournoi du Grand Chelem. Après avoir battu Serena Williams en demi-finale, elle prendra la mesure de... Kim Clijsters en finale.
Une finale historique, suivie par plus d'un million de téléspectateurs belges et des milliers de spectateurs dont la quasi totalité de la famille royale.
Montée troisième joueuse mondiale grâce à ce triomphe parisien, Justine a dédié la Coupe Suzanne Lenglen à sa maman à laquelle elle avait promis, en 1992, de jouer un jour sur le Central des Internationaux de France.
Cette victoire historique n'allait pas pour autant faire baisser la motivation de Justine. A Rosmalen, pour son premier tournoi sur gazon, elle ne s'inclinera qu'en finale (sur abandon) face à ... Kim. Et, à Wimbledon, elle ira jusqu'en demi-finale où Serena Williams prendra sa revanche sur Roland Garros.
Après le gazon et la rencontre de Fed Cup commence alors la formidable tournée américaine qui vaudra pas moins de trois nouveaux titres (sur trois tournois disputés) à notre championne. Le premier à San Diego (victoire finale face à ... Clijsters ; le deuxième à Toronto (victoire en finale devant Lina Krasnoroutskaya) ; le troisième à ... l'US Open.
C'est lors de la demi-finale de ce dernier que Justine s'est révélée aux spectateurs new-yorkais. Au terme d'un match de plus de trois heures, de retournements de situations inouïs et de coups sortis on ne sait trop d'où, Justine a vaincu les crampes pour se défaire, après avoir été deux fois à deux points de la défaite, de la choucou locale Jennifer Capriati. Ereintée, elle dut alors être mise sous perfusion. Malgré la fatigue physique, la nouvelle habitante de Wépion parvint en finale à faire douter... Kim Clijsters en repoussant cette dernière derrière sa ligne de fond et en cassant le rythme en distillant de nombreux slices sur lesquels Kim ne pouvait pas s'appuyer. La numéro 1 mondiale bénéficia malgré tout de deux balles de premier set pour finalement s'incliner 7-5 6-1.
Justine Henin entrait alors une nouvelle fois dans l'histoire du tennis belge, remportant son deuxième tournoi du Grand Chelem et montant à la deuxième place mondiale, juste derrière sa compatriote.
Mais il était écrit que l'année 2003 serait celle de Justine. Victorieuse de deux Grands Chelems et de cinq autres tournois, il était logique que la championne atteigne avant la fin de l'année la première position mondiale. Et, de fait, c'est au lendemain de sa victoire face à Jelena Dokic à Zurich que Justine monta pour la première fois au sommet de la hiérarchie mondiale. La boucle était alors bouclée, la petite fille née pendant Roland Garros a réalisé son rêve.
Mais qu'on ne se méprenne pas : sa motivation est énorme et elle nous réserve encore de nombreuses surprises.
Par Patrick Haumont, Co-auteur du livre «Le bonheur au bout du court» paru aux éditions Luc Pire